« Je démissionne! »
Qui de nous n’a jamais eu envie de jeter la serviette, de tout lâcher et de fuir au loin à tout jamais? « Je démissionne! Je ne veux plus rien savoir! Je n’en peux plus! J’en ai ras-le-bol! » Cela nous rappelle-t-il quelque chose?
Que ce soit au travail et jusque dans les familles parfois, combien de fois surgit la tentation, lancinante et pénible, de tout lâcher, tentation qui vous torpille le cœur et appelle à la désespérance? Dans tous les cas, ce qu’on appelle la « confiance » en mange un coup! Comment nourrir de la confiance, et jusqu’à se faire confiance à soi-même alors? Serions-nous irrémédiablement condamnés à ne plus jamais avoir confiance?
À l’inverse pourtant, et en contrepoids à toute forme de démissions, combien d’exemples de vies données, de générosités et de présence agissante auprès de personnes aux prises avec des problèmes apparemment insolubles. Je pense à ce fils qui, à tous les jours, vient au chevet de sa mère atteinte de démence et l’aide à prendre son repas. Et sans rien attendre en retour, simplement par amour. Comment souhaiter la Bonne Année à quelqu’un pour qui l’avenir semble bouché? Comment espérer contre toute espérance?
« Croyez-vous en l’homme? » demande Maurice Zundel. « Non! », aurions-nous envie de hurler parfois. Pourtant, Dieu y croit lui. Le père de l’enfant prodigue de l’Évangile (Lc 15, 11-32) attend et croit au retour de son fils, et quand il revient, sale et affamé, il se jette à son cou, le couvre de baiser, lui fait une fête; il exulte, « car mon fils qui était mort est revenu à la vie! »
Ne lançons jamais la serviette : Il n’y a pas de démission possible en celui qui croit!
Feuillet paroissial