Dépendance à la nature

Jean Elithère Luxama, ptre, curé

 

Le 16 mars 2026, écoulé, en Abitibi-Témiscamingue, le téléphone, de part et d’autre, sonne; des employeurs et des responsables de toutes institutions écrivent ou appellent leurs employés, leurs élèves… pour dire ceci : ne prenez pas la route à cause de la tempête. Tout le monde dépend de la nature, on est comme lié à elle. La personne humaine pense pouvoir la dompter, la maîtriser; c’est une grande et fausse illusion, on a aucun pouvoir réellement sur elle. Ce qui est vrai c’est qu’elle nous dépasse par sa force et sa puissance. Combien de victimes, chaque année enregistre-t-on de sa part à cause des tempêtes de sable, de vent, de pluie et de neige, des effondrements, des ouragans, des tonnerres, des inondations, des feux de forêt …? L’être humain est vraiment petit, faible face à sa capacité de puissance. C’est toute une réalité à sceller dans le cerveau pour en être toujours conscient en tant qu’humain.

La nature, personne ne peut concrètement la recommander surtout quand elle est en action violente et dévastatrice; qu’on le veuille ou pas, on est sous sa tutelle. C’est pourquoi le moindre petit geste, acte ou comportement doit teinter du sens de responsabilité, de protection vis-à-vis d’elle. La famille et les établissements scolaires devraient davantage apprendre, enseigner, léguer dès le plus bas âge aux enfants le respect et en prendre soin dans l’objectif de mieux les préparer à s’ajuster avec elle. Ne serait-il pas dans cette ligne que Khaled Lemmnuer a écrit : « La nature est là pour l’homme; mais l’homme est-il là pour la nature ? Là est la question » Un appel lancé pour cultiver une attitude digne, respectueuse, attentive et consciente face à la nature qui accueille les humains dans son terroir. C’est chaque personne qui devrait se mettre à l’école de la nature pour le plus grand bien de toute personne.

Il serait fructueux que tout comportement ou toute action en ce qui concerne notre mère commune, la nature, contribue pour un meilleur traitement d’elle afin qu’elle puisse continuer à nous accueillir et à nous nourrir dans son sein. En dépit de terrifiantes et souffrantes colères qu’elle souffre venant des erreurs et des gaffes humaines comme une mère qui porte son bébé malgré les pires épreuves rencontrées au cours de sa grossesse; la mère nature reste et demeure notre mère commune à protéger « L’Éternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et pour le garder » nous dit Gn2, 15. Cela ne revient pas à le maltraiter ou le détruire, mais à en prendre soin, ainsi, c’est prendre soin de soi-même en vue d’une meilleure pérennité et cohabitation. Le respect et l’humilité vis-à-vis de la nature devraient habiter toute personne dans l’objectif de toujours consentir de véritables conversions à travers toute action concernant cette belle, merveilleuse, extraordinaire, splendide et incroyable nature donnée par le Créateur.

A chacun et chacune de nous, efforçons-nous de vivre une bonne alliance avec notre mère commune pour le plus grand bien de l’humanité.

Jean Elithère Luxama, ptre, curé