Sens de la vie, sens de la mort…
Il m’arrive de présider des funérailles et des rites des derniers adieux. Plus souvent qu’autrement, ce sont des rites en souvenir de personnes d’un certain âge, qui ont terminé le cycle normal de leur passage parmi nous : conception, naissance, apprentissage, maturation et, après un décompte d’années, dégénérescence biologique et fin de vie.
J’ai remarqué, au fil des expériences, un trait commun, fondamental, à ce qui se dit lors de ces rites de passage. Les accomplissements, d’un point de vue matériel (études, carrière, maison, véhicules, voyages, compte en banque, placements et autres bébelles et gadgets) ne sont jamais mentionnés. Non, aucune mention de ce à quoi la plupart d’entre nous consacrent temps et énergie pendant des décennies. C’est comme si cela n’avait peu ou pas d’importance.
Toutefois, ce qui ressort, immanquablement, c’est l’évocation de souvenirs de ce que les défunts avaient été pour leur entourage, avec l’emphase sur leur bonté et leur bienveillance pour leurs proches. Il y a de la peine, oui, et c’est en réalité une peine d’amour, l’être aimé n’est plus dans notre quotidien, ne fait plus partie de nos vies, et vit seulement dans nos souvenirs. Selon toute apparence, l’amour que nous leur portions ne trouve plus preneur, de là la douleur de la séparation.
Cela étant dit, il reste que la valeur qui survit, ce pour quoi on se souvient de nous après notre passage ici, c’est l’amour que nous avions choisi de partager, les choix de bien faire, pour autre que soi. Cela suggère que le secret du pourquoi de notre existence, du fait que nous ayons eu la vie, vient d’un dessein où l’amour est central, fondamental et à l’avant-plan.
Feuillet paroissial