Rivière en crue

Jean Elithère Luxama, curé

 

Il y a des gens qui passent leur temps ou qui prennent plaisir à faire de la médisance, du commérage, des mensonges sur d’autres personnes dans de différents milieux d’action. Dans mon pays, fort souvent, on dit : « Lorsque la rivière est en crue, il ne faut pas la traverser. » Car elle devient sombre, sale, et dans son lit, elle apporte avec elle toutes sortes de choses : terre, arbres, animaux, maisons… Elle est donc en colère. Il faudrait user de la patience, attendre qu’elle soit apaisée pour y mettre les pieds pour ne pas être victime ou cadavre.

Je pense qu’il en est de même face à des critiques destructives, négatives qu’on peut faire véhiculer sur soi, sur les autres ou sur une institution. Le silence de la sagesse s’avère essentiel dans ces moments d’épreuves pour pouvoir surmonter, dépasser des ondes ou des opinions maléfiques transmises sur soi dans le but de nous humilier, de nous tarauder. Il serait de préférence, évident et bénéfique de rester branché sur ce qui nous fait vivre, ce qui nous unit et ce qui donne sens à la vie, en fermant les yeux et les oreilles sur leurs mauvaises intentions.

Car la patience dans le vrai silence aura la saine victoire sur ces faux diseurs du coin. Ainsi la vie continue et poursuivra son chemin, même dans les turbulences les plus atroces inespérées de l’esprit malin qui essaye et s’efforce toujours de s’infiltrer au cœur de tout amour humain harmonisé afin de semer la haine, la division. Alors, comme de vaillants soldats : soyons forts, courageux, doux et humbles comme disciples pour laisser du temps au temps pour mieux apprivoiser sous la mouvance du Souffle de la Vérité et de la Vie notre chemin de quêteurs et quêteuses vers le véritable horizon visé.