Toute personne est une histoire sacrée
Ma mère est décédée il y a peu. Nous avons déposé ses cendres en terre il y a quelques jours à peine. Et, alors que nous étions réunis au cimetière, il m’est venu à l’esprit cette question : « Qu’est-ce que je sais de ma mère? Est-ce que je la connais vraiment? » J’ai proposé le sujet à mes frères et sœurs présents.
Car la question se pose. Certes, lors de ses funérailles, on a dressé un beau témoignage à son sujet. On a mis en évidence tel trait de sa personnalité, telle façon de faire qui est bien à elle; on a relevé sa grande capacité de travail, sa volonté à toute épreuve. Et plusieurs autres aspects tels qu’ils apparaissent à nos yeux. Mais qu’avons-nous dit de ses rêves profonds, de ses espoirs, de ses peines, de ses découragements parfois, de sa foi même, de sa soif d’amour? Bref, de ce qui la fait vivre, croire, espérer? J’ai dû conclure au terme que je ne savais presque rien d’elle.
N’est-ce pas la même chose pour chacun et chacune de nous? Que savons-nous les uns des autres, même de notre meilleur ami? Quelle relation un peu profonde existe et va plus loin que les apparences? Les traits extérieurs sont apparents mais le cœur profond reste caché. Chaque personne, toi, moi, demeure un mystère mais elle est une histoire sacrée.
Seul Dieu sait le fond des cœurs. Non pas à la manière d’un juge impitoyable, mais parce que, nous dit-il, « Vois, j’ai ton nom inscrit dans la paume de ma main » (Ésaïe 49,16). Et encore, « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime » (Ésaïe 43, 4). Et le psalmiste s’écrie : « Seigneur, tu sais tout de moi! » (Ps 139) et je sais que tu m’aimes!
Feuillet paroissial