Une nomination qui interpelle notre mémoire collective
Le mois d’avril s’impose comme une période riche en événements marquants. Tandis que le monde a suivi avec intérêt la mission spatiale Artémis II, le voyage apostolique du pape Léon XVI en Afrique, les résultats des élections fédérales et l’accession d’une deuxième femme au poste de première ministre du Québec, un autre événement, plus discret mais tout aussi significatif, est passé sous le radar de bien des citoyens : la nomination de Mgr Guy Boulanger comme archevêque de Sherbrooke par le pape Léon XIV.
Jusqu’au 10 avril, Mgr Boulanger était évêque du vaste diocèse d’Amos et de Rouyn-Noranda, couvrant l’ensemble de l’AbitibiTémiscamingue. Sa nomination soulève des questions légitimes : qui peut devenir évêque ? Par quel processus ? Dans l’Église catholique latine, cette responsabilité revient exclusivement au pape. La procédure, longue et minutieuse, implique les évêques locaux, le nonce apostolique et la Curie romaine. Les critères sont stricts : foi solide, vertus humaines, sagesse, compétence théologique et aptitude au dialogue.
Depuis le concile Vatican II, l’État n’intervient plus dans ces nominations, affirmant ainsi la liberté de l’Église dans la désignation de ses pasteurs. Pourtant, dans notre société largement sécularisée, de telles annonces suscitent parfois indifférence ou incompréhension. Est-ce un nonévénement ?
Ignorer ces nominations, n’est-ce pas aussi oublier une part de notre histoire collective ? L’Église a profondément façonné l’identité du Québec, son réseau scolaire, ses institutions et même sa toponymie. L’inscription « Je me souviens », apposée sur nos plaques d’immatriculation, nous rappelle continuellement l’importance de la mémoire.
Ne pas oublier d’où l’on vient demeure essentiel pour mieux comprendre où l’on va. Cette nomination nous invite à poser un regard lucide et respectueux sur notre héritage et à réfléchir à la place qu’il occupe encore aujourd’hui dans notre société.
Feuillet paroissial